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Point sur la récession

Elle arrive… Mais qui est-elle ? Qu’est-ce que ça signifie ? Le sujet du jour est un terme économique : la récession.

Définition économique

Une récession correspond à un recul du PIB (Produit Intérieur Brut)[1] sur deux trimestres consécutifs.

Il ne doit pas être confondu avec :

  • Le terme « ralentissement économique » qui correspond, quant à lui, à une baisse du taux de croissance.
  • Le terme dépression, quant à lui, concerne une chute de la production plus intense et de durée plus longue telle que l’ont connu les États-Unis après le krach boursier de 1929. On parle alors de La Grande Dépression. La crise actuelle sera assurément une récession, espérons qu’elle ne deviendra pas une dépression comme certains le suggèrent…[2]
Graphique fait maison, données de la Banque Mondiale

Vous pouvez observer sur le graphique ci-dessus que la récession n’a été que très rare en France :

  • Brièvement en 1975, conséquence du choc pétrolier de 1973
  • En 1993 à la suite du krach de 1987 et à la crise des savings and loans aux États-Unis
  • Et bien sûr en 2009 après la crise des subprimes.

Vous remarquerez que ces trois périodes de récession (1973, 1993, et 2009) arrivent une ou plusieurs années après la chute boursière (1987, 1987/1990, 2007/2008) car les marchés financiers sont des « leading indicators ». Je me permets de faire un petit aparté à ce sujet car je trouve que c’est très intéressant et que ça peut vous servir.

Les types d’indicateurs

On peut regrouper les indicateurs en trois types : les leading, les coincident et les lagging.[3]

Leading indicators

Ce sont les indicateurs qui permettent de savoir à l’avance les conditions économiques futures. On donnait précédemment l’exemple des marchés financiers : un krach financier se verra sur le PIB parfois plusieurs années après.

On utilise souvent le rendement des obligations et plus particulièrement la yield curve. Sans rentrer dans la technique, imaginez juste qu’on met sur un graphique les taux de rendement actuariel (ou Yield-to-Maturity, correspond au rendement réel de l’obligation et ne doit pas être confondu avec le taux de coupons) correspondant à toutes les maturités (1 mois, 6 mois, 1 an, 5 ans, 30 ans etc.) d’une même obligation et qu’on regarde la forme de la courbe qui en découle. Le rendement à long terme DOIT être plus élevé qu’à court-terme (comme sur les courbes bleues ci-dessous). Dites vous par exemple que les taux d’intérêt quand vous empruntez à 20 ans sont plus élevés qu’à 5 ans !

Sur la courbe fictive que j’ai créée ci-dessus, la courbe bleue est normale. La courbe bleu clair est plus inquiétante et la courbe rouge indique un retournement : certaines obligations ont des rendements plus élevés à court terme qu’à long terme. Regardez par exemple : sur la courbe rouge, le rendement à 2 ans est supérieur au rendement à 7 ans. Cela signifie que les investisseurs ont peur de l’avenir et préfèrent éviter d’acheter des obligations à maturité élevée par peur d’un défaut de l’emprunteur.

Coincident indicators

Ces indicateurs coïncident avec les problèmes économiques, typiquement la croissance du PIB.

Lagging indicators

Ceux-là arrivent après les événements économiques. C’est le cas du taux de chômage ou de l’inflation, par exemple.

Pourquoi je vous dis tout ça ? Simplement car un investisseur malin doit pouvoir comprendre ces sujets-là pour anticiper l’avenir et se positionner au mieux dans ces temps troublés pour perdre le moins d’argent possible et préserver ses économies !

Pourquoi ?

Certains vous diront que ces périodes de crise sont intrinsèques au capitalisme qui est cyclique. On parle souvent des différents types de cycles qui ponctuent l’économie mondiale.

La fonction composite est une somme de trois autres fonctions.

Les cycles de Kondratieff (courbe rouge) correspondent, selon Schumpeter, aux évolutions technologiques majeures de l’époque, par exemple :

  • Les machines à vapeur ;
  • Les chemins de fer ;
  • Les automobiles ;
  • L’électricité ;
  • Les appareils électroniques ;
  • Internet.

les cycles de Juglar (courbe bleue) sont les cycles des affaires et durent en moyenne 8 ans. C’est d’ailleurs celle-ci qui nous intéresse le plus pour l’investissement ! Les cycles de Kitchin (courbe verte) sont les plus courts et caractérisent la détérioration du phénomène d’expansion tel que perçu dans le cycle Juglar.

C’est la raison pour laquelle la crise était prévisible. C’est l’élément déclencheur qui était impossible à deviner. Mon humble avis est que nous nous trouvons dans la pente descendante d’un cycle de Kondratieff. Internet ayant été la dernière invention technologique majeure. Nous sommes au début de la chute d’une courbe de Juglar également avec la récession qui se profile. Sur la courbe ci-dessus je nous placerai à l’année 30 ou 40.

Il est toujours difficile de dire pourquoi les crises arrivent. Je visualise l’économie de la manière suivante :

Imaginez une pièce d’une taille donnée. Certains éléments sont représentés par des bouteilles de gaz qui fuient. L’endettement privé et public trop élevé, des problèmes structurels de certains produits financiers (les subprimes dans les années 2000 par exemple), les tensions entre la Chine et les US, le prix des actifs (actions et immobiliers notamment) trop élevés. Tous ces éléments sont des petites bonbonnes de gaz qui fuient. La pièce va bien tant qu’il n’y a pas d’étincelles. Et l’étincelle c’est un évènement qui n’est pas si grave a priori, mais au vu de la pièce pleine de gaz, ça devient très dangereux. L’étincelle actuellement par exemple ce serait le virus. Or la pièce est pleine de gaz depuis un moment. Plus il y a des bouteilles de gaz dans la pièce plus la déflagration (la récession) sera violente.

Mais l’explosion a quelque chose de sain : plus de gaz dans la pièce. Celle-ci est sûrement fissurée et doit être réparée, mais au moins on a enlevé ce qui été dangereux. C’est ce que j’appelais la purge dans ma dernière vidéo. On va pouvoir repartir sur des bases plus saines. Entre temps il faut essayer de garder la tête hors de l’eau, et j’essayerai de vous donner les meilleurs conseils pour pouvoir profiter de cette saine remise à zéro des compteurs. Les actifs vont cesser d’être surévalués et les opportunités vont commencer à fleurir petit à petit. Alors restez malins, suivez l’actualité (et moi !) et on y arrivera tous ensembles.

J’espère que cet article t’a plu, n’hésite pas à le dire en commentaire, à poser des questions, à liker la page des Investisseurs Malins sur Facebook, sur Instagram et à partager. Nous avons à cœur d’aider un maximum de gens à être plus malins dans l’utilisation de leur argent.


[1] Le PIB est l’indicateur économique qui permet de quantifier la valeur totale de la « production de richesse » annuelle effectuée par les agents économiques (ménages, entreprises, administrations publiques) résidant à l’intérieur d’un territoire.

[2] Chris Giles. (2020) Global economy set for sharpest reversal since Great Depression  | Financial Times. Retrieved April 04, 2020, from https://www.ft.com/content/19d2e456-0943-42fc-9d2d-73318ee0f6ab

[3] Investopaedia Staff. (2019) Leading vs. Lagging vs. Coincident Indicators. Retrieved April 04, 2020, from https://www.investopedia.com/ask/answers/what-are-leading-lagging-and-coincident-indicators/

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