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Les Français et l’Épargne : aversion au risque ?

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Dans une tradition très européenne, et par opposition aux américains (et je parle ici des deux Amériques), les Français sont extrêmement prudents. Cela se voit autant dans leur comptabilité que dans leur façon d’épargner. Les quelques chiffres suivants, issus de sondages OpinionWay confirment très clairement cette dernière affirmation.

En effet, on remarque que quel que soit la situation économique du pays, les français épargnent toujours plus, voici leurs raisons :

– Disposer d’une épargne de sécurité : 61%

– Réaliser un projet : 33%

– Financer la retraite : 29%

– Constituer un patrimoine : 28%

– Constituer un capital en vue d’acquérir un bien immobilier : 14%

– Financer les études des enfants : 11%

– Réduire les impôts, défiscaliser : 9%

– Soutenir les entreprises/l’économie : 3%

– Financer un projet d’entreprise : 3%

Le total ne fait évidemment pas 100% car les répondants pouvaient choisir plusieurs réponses. On peut remarquer plusieurs choses : seulement 29% des Français épargnent pour préparer leur retraite ! C’est assez faible, mais cela peut s’expliquer par le fait qu’ils comptent sur le système de retraite par répartition, particulièrement développé en France.

Pour la retraite, sont privilégiés à 22% l’assurance vie, à 22% le PERP (Plan d’épargne retraite populaire) et à 20% l’immobilier. Là encore, le souci de la sécurité plus que de la performance.

Il en va de même pour les 9% dédiés aux études des enfants : le système français permet d’étudier gratuitement ou presque dans les universités, IUT et lycées français. Inutile, dès lors, de se préparer à des études coûteuses comme cela pourrait être le cas aux États-Unis.

Un autre chiffre intéressant, et qui m’a sauté aux yeux : 3% seulement épargnent pour soutenir les entreprises et l’économie. En effet, le lien entre épargne et financement des entreprises n’est pas limpide pour la plupart des Français, il serait donc intéressant et foncièrement utile de développer une culture financière minimale, et, si j’ose dire, éduquer aux principes élémentaires de l’investissement les gens dont ce n’est pas la spécialité, au collège ou lycée notamment.

Si le lien entre financement des entreprises et obligations (qui sont une forme titrisée d’emprunt) via des SICAV/OPC monétaires et obligataires dans des unités de compte de contrat d’assurance vie peut sembler saine et compréhensible, quoiqu’alambiquée, il existe une méfiance vis-à-vis des fonds actions. Et cette méfiance, particulièrement vis-à-vis des actions et de son utilité aux entreprises peut sembler légitime. En effet : acheter des actions, donc sur le marché secondaire, ne finance pas l’entreprise, tout comme acheter une Mercedes d’occasion ne donne pas un centime à Mercedes. Ce n’est donc que spéculation et pas investissement ? A priori, oui. Mais il ne faut pas oublier qui achète des actions et pourquoi elles le sont, dans un premier temps. Elles sont d’abord achetées par des banques d’investissement (marché primaire) qui après les revendent sur le marché secondaire, en espérant encaisser une plus-value. La vitalité (notamment par la liquidité) du marché secondaire est essentielle à l’émission d’action, qui est la meilleure manière de lever des fonds astronomiques en une seule fois sans exigence de remboursement pour l’entreprise. J’ai pris l’exemple d’assurance vie, car il amplifie ce phénomène, puisqu’on ne peut investir directement en actions comme ce serait le cas dans un PEA ou un compte titre ordinaire.

Photo d'une femme qui tape sur un clavier d'ordinateur

Critères de choix du placement

Le sondage a permis aussi de connaître quels sont les critères de choix d’un placement :

À 61% : son faible risque de perte/la sécurité du placement

À 41% : la liquidité

À 37% seulement la performance du placement.

Je savais que les Français avaient une aversion au risque mais là c’est spectaculaire, la sécurité très largement avant la performance, ce qui confirme le « cliché » évoqué en introduction.

Le « meilleur » placement

Il n’existe évidemment pas de « meilleur » placement puisque chaque placement à des avantages et inconvénients qui ont une importance différente suivant chaque investisseur. Il est toutefois intéressant de voir comment nos compatriotes répondent si on leur demande quel est, selon eux, le meilleur placement :

À 22% l’immobilier.

À 21% l’assurance vie.

À 10% les livrets A et équivalents.

À 4% seulement pour le PEA…

Et ces placements sont tous justifiables : l’immobilier a une réputation éternelle de placement sûr et performant et est surtout rassurant : l’argument du « palpable » étant récurent. C’est un actif tangible ! L’assurance vie a une excellente réputation pour les performances du fonds euros bien supérieure au livret A, la personnalisation étendue en termes de risque et de fonds en unités de compte, ainsi que pour les avantages fiscaux qu’il procure. Mais le PEA, bien plus patriotique et bien moins populaire, n’est pas en reste lorsqu’il s’agit d’avantage fiscal : contrairement à un compte titre ordinaire, celui-ci permet à l’investisseur de capitaliser ses plus-values en totale franchise d’impôts à condition qu’il respecte une détention minimum de cinq ans. Seules les cotisations sociales seront dues en cas de retrait de fonds. De plus, les dividendes versés dans le cadre du PEA sont eux aussi exonérés d’impôt (contre un abattement fixe de 40 % dans le cadre d’un compte-titre suivi de votre IRPP sur les dividendes, ou en option la “flat tax” de 30% sans abattement). La contrainte étant d’investir dans des actions françaises ou européenne dites « éligibles », ou dans des OCPVM contenant au moins 75% de titres éligibles. En somme, le PEA est fiscalement avantageux, plus risqué donc potentiellement plus rentable mais reste loin d’être le plus populaire auprès des Français.

On en conclut une chose : le comportement des Français n’a pas changé depuis des années. Ils privilégient la liquidité et la faible volatilité. Juger de savoir si c’est bon ou mauvais pour eux et pour l’économie dans son ensemble est un tout autre débat : cela ne booste pas l’économie, mais en cas de crises, les dégâts sur l’économie française et les économies des français se sont avérés être bien plus faible, en 2008 notamment…

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